AccueilarrowLes syndicatsarrowSATEVarrowActualitésarrowConférence de presse au Sunny Side : "Touche pas à mon doc"
logo-satev

Le SATEV, le SPECT, le SPFA, le SPI et l'USPA 

 

Paris, le 10 octobre 2017

 

Madame la Ministre,

Le projet de loi de finances 2018 adopté mercredi 27 septembre en Conseil des ministres a confirmé la réduction des moyens de l’audiovisuel public pour l’année à venir. 

Celle-ci s’élève à 36 M€ par rapport aux moyens adoptés lors de la loi de finances pour 2017 et à 80 M€ trajectoires financières arrêtées dans les différents Contrats d’Objectifs et de Moyens signés par l’Etat au cours des deux dernières années. 

Le groupe France Télévisions est plus particulièrement impacté par cette décision puisqu’il devra faire face à une réduction de 30 M€ des moyens qui lui sont affectés par rapport à 2017, auxquels s’ajoute la non compensation de l’arrêt de la publicité dans ses programmes jeunesse pour un montant estimé à 17 M€ au moment des débats parlementaires. 

L’Etat décide de ne pas respecter le Contrat d’Objectifs et de Moyens du groupe France Télévisions, le plaçant une nouvelle fois dans une situation d’instabilité financière, qui se répète, depuis qu’en 2008, la possibilité de diffusion de publicité après 20h00, lui ait été  supprimée. 

Celle-ci ne va pas manquer de rejaillir sur l’ensemble de la filière de production audiovisuelle, des producteurs aux auteurs, en passant par les artistes interprètes et les techniciens. 

Nous sommes sensibles à votre volonté exprimée d’un maintien des efforts du service public audiovisuel en faveur de la création. Nous ne doutons pas que ce message sera entendu par le groupe public. 

Cependant, le Contrat d’Objectifs et de Moyens signé en décembre 2016 permettait à France Télévisions d’engager un Plan pour l’investissement dans la création au-delà du plancher de 420 M€ et de faire croître son offre. Nous nous interrogeons désormais quant à la capacité du groupe France Télévisions à réaliser ce plan. 

Au-delà de cet élan brisé pour la création, nous sommes inquiets de la menace qui pèse plus globalement sur l’ensemble des grilles de programmes, y compris pour les magazines et divertissements qui ne font l’objet d’aucun engagement de financement spécifique de la part de France Télévisions. 

La question de l’efficience de la dépense publique des entreprises de l’audiovisuel public est bien entendu légitime comme dans les autres domaines d’intervention de l’Etat. Mais malheureusement, les expériences passées ont démontré que les programmes ont toujours été la variable d’ajustement essentielle. En réduisant la capacité d’investissement dans les programmes, c’est la mission première de France Télévisions qui est mise en cause : celle d’offrir la plus large palette possible de programmes ambitieux, culturels et éducatifs à tous les publics, sur tous les supports. 

A l’heure des grands bouleversements numériques, de la concurrence frontale que vont exercer les grands opérateurs américains sur les acteurs nationaux et alors que notre ambition est de pouvoir jouer un rôle majeur dans le concert international, les gouvernements successifs ont bridé la croissance du secteur et renvoient la production française à un niveau non conforme au rôle auquel elle pourrait légitimement aspirer, faute de vision stratégique pour un secteur qui croît fortement partout en Europe et dans le monde. 

Nous sollicitons par la présente une rencontre pour vous faire part de nos inquiétudes sur la situation de France Télévisions au regard du projet de loi de finances 2018 et, au-delà, pour évoquer les défis à venir de la production audiovisuelle et les réformes du paysage audiovisuel français. 

Dans cette attente, nous vous prions de croire, Madame la Ministre, à l’expression de notre plus haute considération. 

 

Courrier à Madame Françoise Nyssen

Partager ce contenu