AccueilarrowLa FFAParrowActualitésarrowUN DROIT VOISIN POUR LES AGENCES DE PRESSE (5 juillet 2016)

Aux côtés de RSF pour soutenir les deux journalistes de France Télévisions enlevés en Afghanistan.

1 MOIS DÉJÀ…

Deux reporters de France 3, un rédacteur et un cameraman, et leurs deux accompagnateurs afghans, ont été enlevés le 29 décembre 2009 alors qu’ils enquêtaient sur la construction d'une route dans la province de Kapisa (au nord-est de Kaboul).

 A ce jour les Français ne connaissent ni leur identité, ni leur visage. En quoi la divulgation de leur nom serait-elle un obstacle pour leur libération ? Par quelle magie les médias ont-ils tous cautionné ce silence ? On peut raisonnablement se poser la question.

Quelle différence avec la mobilisation qui avait accompagné la prise en otage de Florence Aubenas, au printemps 2005, de Georges Malbrunot et Christian Chesnot avant elle, ou celle qui avait accompagnée celle de Philippe Rochot, et ses collègues d’Antenne 2, en 1986 ?

Où sont les « milles fanfares » qui furent « autant de bouteilles à la mer pour Florence Aubenas et son chauffeur emprisonnés » ?

Où sont les montgolfières lancées par RSF en rappel de leur captivité ?

Où sont « leurs » photos et le décompte chaque soir dans « leur » JT, pour ne pas oublier ?

Pourquoi « n‘entendons nous plus les anciens otages rappeler combien « la solidarité des français avait permis leur délivrance » ? Combien « la mobilisation est essentielle pour conjurer l’oubli, (…) pour peser sur l’action de nos gouvernants » ? Toutes ces actions passées ajoutent à notre incompréhension.

A ce silence assourdissant aucune raison publique n’est donnée, des responsables du service public mettent en avant que c’est pour le bien des otages, à la demande du gouvernement…

Qu’une profession entière renonce à défendre les principes qui font sa raison d’être ne laisse pas d’étonner !

Alors même que jusqu’ici il était considéré comme crucial de parler des journalistes pour assurer leur sécurité, pour le symbole que représentait leur capture et pour rappeler que le droit de couvrir un conflit était un droit essentiel.

Aujourd’hui en Afghanistan il est devenu de plus en plus difficile de rendre compte de manière indépendante et fiable des actions des belligérants à commencer par celui des armées de la coalition.

A ce jour aucune loi, aucun décret gouvernemental n’indique qu’en raison de l’état de guerre en Afghanistan et de l’implication de nos armées, la liberté d’informer a été suspendue.

Alors combien de temps faudra t-il attendre encore pour mettre un nom et un visage sur ces deux journalistes ?

Il aura fallu un mois pour que les dirigeants de France Télévisions rappellent publiquement que leurs deux journalistes étaient d’excellents professionnels et qu’ils ont été kidnappés alors qu’ils faisaient leur métier.

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