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L’Observatoire de la déontologie de l’information, qui mène depuis cinq ans une veille reconnue sur les questions de déontologie journalistique, voit avec intérêt revenir sur la scène française le débat sur la création d’un conseil de presse ou d’un conseil de déontologie journalistique, débat que plusieurs de ses membres ont contribué à porter sur la place publique depuis près de 10 ans.

Convaincu depuis sa création de l’importance de la participation à la réflexion déontologique de toutes les personnes concernées, professionnels et non-professionnels, l’Observatoire de la déontologie de l’information s’est constitué dès le départ en association tripartite, journalistes, entreprises et représentants des publics.
 
Il ne peut que se réjouir de voir rappelé la nécessité d’une instance indépendante d’éthique et de médiation qui existe dans de très nombreux pays démocratiques et qui est un des outils qui permettra au journalisme professionnel de regagner la confiance des citoyens. Car cette confiance dans les médias d’information, leurs entreprises et leurs journalistes permet un dialogue fructueux avec les publics et constitue un rempart nécessaire face aux pressions diverses.
 
Les prises de position et les débats de ces derniers jours conduisent toutefois l’ODI à mettre en garde les journalistes et les éditeurs : à force de ne pas vouloir prendre en charge ensemble la question déontologique dans le rapport avec les publics, le risque est grand que soit imposé par opportunisme ou par calcul politique un organe de contrôle qui ne serait pas un organe d’autorégulation.
 
Un Conseil de déontologie journalistique (ou un conseil de presse), n’est ni une autorité politique, ni une autorité administrative, ni une structure corporatiste, ni un ordre professionnel. Il n’est pas un tribunal des journalistes et des médias, mais une instance de médiation entre les médias et le public sur les questions déontologiques.
 
Comme l’a démontré le rapport de Marie Sirinelli, « Autorégulation de l’information : comment incarner la déontologie ? », remis le 13 février 2014 au ministre de la Culture et de la Communication, un Conseil de ce type ne saurait être piloté par les pouvoirs politiques, même s’ils peuvent en être les instigateurs en créant les conditions de sa mise en place. Un tel Conseil doit regrouper les journalistes, à travers leurs syndicats et associations, les entreprises de médias d’information et des représentants du public.
 
Parce que l’information n’a jamais été autant mise en cause, il est temps que les Français puissent enfin saisir une instance indépendante d’autorégulation lorsqu’ils estiment que les règles déontologiques du journalisme n’ont pas été suivies.
 
Parce que l’information est à l’heure de la convergence des médias, l’autorégulation ne saurait être répartie entre différentes instances selon les supports technologiques.
 
Parce que l’information est une continuité de média en média, les initiatives prises dans chaque entreprise (création d’un conseil d’éthique, d’un poste de médiateur, adoption d’une charte déontologique) doivent être confortées par une réflexion et une action collective regroupant l’ensemble des acteurs de l’information professionnelle et des représentants du public.
 
L’ODI appelle de ses vœux à une réflexion collective, incluant les instances politiques exécutives et législatives, afin de déboucher sur la création d’un Conseil de déontologie journalistique en France.
 
Pour l’ODI:  Patrick Eveno, président, Pierre Ganz, vice-président (journalistes), Kathleen Grosset, vice-présidente (entreprises), Christine Menzaghi, vice-présidente (publics).
 
Paris, le 17 décembre 2017